Lire, c’est partir sans bagage
- Agnès Auteure
- 6 août
- 4 min de lecture
L’évasion par les mots

Il y a des départs qui ne nécessitent ni valise ni passeport ! Des départs sans billets d’avion, ni plein d’essence ! Il s’agit des évasions discrètes et tout à fait silencieuses. Je suis adepte de ces voyages, vous l’aurez bien compris ! Je suis de celles qui voyagent avec les mots. J’ouvre un livre et le décor autour de moi s’efface, la pièce s’oublie, et me voilà ailleurs. Loin, très loin. Peut-être dans les ruelles d’une cité antique, sur le pont d’un bateau, dans la peau d’un personnage hurluberlu, pourquoi pas !
Lire, pour moi, c’est partir. C’est traverser le réel (surtout le réel oppressant !), le temps, les frontières. C’est fuir parfois, soyons honnêtes, mais c’est surtout agrandir mes horizons. C’est une forme d’exil choisi, délibéré, souvent délicieux, toujours salutaire. Une parenthèse qui nous (me !) fait mieux revenir à nous (moi !).
La lecture, le passeport sans frontières !
Depuis l’enfance, j’ai appris à reconnaître ce frisson particulier qui me traverse lorsque je tourne la première page d’un roman. Un mélange de curiosité, d’impatience et de promesse. Chaque ouvrage est comme une porte. Vers un monde, un rythme, une voix. Certains ouvrent sur le rêve, d’autres sur l’intime, d’autres encore sur le tumulte de l’Histoire ou l’éclat de l’imaginaire. Peu importe le genre, le style, l’époque, dès qu’on entre dans un livre, on quitte la surface terrestre (en tout cas, celle qui est sous nos pieds). Lire, c’est aussi plonger. Non pas dans la mer, mais dans les pages. C’est se laisser porter vers un nouveau voyage !
Voyager loin tout en restant là, c’est donc possible !
Bien assis dans notre fauteuil, notre lit, notre siège de train ou même dans le métro pourquoi pas, on ouvre un livre et tout change. Même notre cœur bat autrement. L’avez-vous remarqué ? Surtout, on oublie le temps qui passe. Dans une époque où tout va vite, où nos vies sont scandées par les notifications, les sollicitations, les urgences, ouvrir un livre devient un acte de résistance douce. Lire, c’est reprendre la main sur son rythme, c’est se réapproprier le silence. C’est, en quelque sorte, redevenir maître de son propre temps. Et il n’y a pas d’âge pour s’évader ainsi. À vingt ans, on lit peut-être pour se découvrir. À quarante, peut-être pour se comprendre. Et à soixante-dix, on lit aussi pour se souvenir, ou pour continuer de rêver. Car oui, le rêve ne vieillit pas, il change seulement de forme.

Les livres, mes compagnons de route depuis toujours
Chaque lecture est un compagnonnage. Oui, oui ! Il y a des livres qui deviennent des amis fidèles, qu’on relit, qu’on offre, qu’on cite dès qu’on en a l’occasion. D’autres qui nous bousculent, nous irritent même, mais dont les phrases restent gravées très longtemps dans nos mémoires. Et puis il y a ceux qu’on croise par hasard, qu’on n’attendait pas, et qui nous ouvrent une fenêtre insoupçonnée sur nous-mêmes ou sur le monde. J’ai trouvé dans les mots de certains romans, des paysages intérieurs que je n’aurais jamais osé explorer seule. J’ai aimé des personnages que je n’aurais jamais approchés dans la vraie vie. J’ai pleuré sur des destins fictifs plus sincèrement que certaines réalités, c’est dire ! Parce qu’un bon livre, ce n’est pas seulement une histoire. C’est un miroir, un guide, parfois même un électrochoc. Et ce qu’il y a de merveilleux, c’est qu’il existe autant de lectures que de lecteurs. Ce qui vous bouleversera passera peut-être inaperçu chez votre voisin. Et c’est très bien ainsi. Lire, c’est aussi apprendre à se connaître à travers les livres que l’on choisit, que l’on aime, que l’on abandonne.
Une évasion accessible
Le plus beau dans tout cela ? Lire est une forme d’évasion démocratique. Nul besoin de fortune ou de disponibilité. Quelques pages peuvent suffire. Dix minutes, une heure, un week-end entier (c’est mieux, mais on fait ce qu’on peut !). En tout cas, peu importe. L’évasion est là, prête à surgir à la première ligne. Dans une époque où l’on parle tant de "déconnexion", je crois profondément que la lecture est l’un des derniers espaces de reconnexion. À soi, aux autres, au monde. Une reconnexion sans jugement, sans pression, sans publicité. Juste vous, le livre, et cette danse silencieuse entre vos pensées et celles de l’auteur.

Je vous invite à partir dès maintenant !
Alors ; à présent, je vous invite à embarquer ! Que vous soyez une lectrice assidue, un lecteur du dimanche, ou un curieux en manque d’inspiration, partez ! Prenez ce livre posé sur l’étagère, ce roman qu’on vous a offert, ce polar oublié sur la table basse ou sur la table de chevet. Ouvrez-le. Laissez-vous porter. Il y a, dans la lecture, un pouvoir discret mais immense, celui de se sentir vivant autrement. Plus libre. Plus vaste. Plus relié. Ce n’est pas une fuite, non. C’est un mouvement vers soi et vers le monde, et tout cela avec délicatesse.
Et si vous vous demandez où partir, commencez peut-être par une page. Ce sera peut-être le plus beau des voyages !











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