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Entretien avec Stéphanie Jousse, autrice de Memoria Aquae

Dernière mise à jour : 16 sept.


À l’occasion de la sortie de son roman, Memoria Aquae, nous avons posé quelques questions à Stéphanie Jousse.

Elle nous parle de ses inspirations, de ses recherches, de son héroïne, mais aussi de cette eau omniprésente qui semble tout retenir… jusqu’à la vérité.

Un entretien sensible, sincère et passionnant, à découvrir juste ici.



Partie 1 : A propos du roman


Comment est née l’idée de Memoria Aquae ?


Stéphanie Jousse : C’est une série documentaire, présentant un modèle cosmologique nommé Janus, qui a été l’élément déclencheur. L’auteur, Jean-Pierre Petit, explique le concept d’un univers à deux métriques identiques mais opposées : masse négative et positive, matière visible à la lumière et « matière noire ». Les personnages des jumelles ont pris vie. Il évoque dans l’un des épisodes le professeur Jacques Benveniste, sa carrière et ses recherches sur la « mémoire de l’eau ». Il n’en fallait pas plus !


Pourquoi avoir choisi l’eau comme fil conducteur du roman ?


SJ : Parce qu’elle est vitale, dominante et effrayante. Elle est le déluge qui permet de tout recommencer. Elle est également une molécule employée pour ses propriétés dans de très nombreuses applications, mais peu étudiée en elle-même. Elle reste un grand mystère.


Le roman mêle science, mysticisme et enquête. Comment avez-vous trouvé l’équilibre entre ces univers ?


SJ : Science et Religion sont pour moi intimement liées, telles des sœurs ennemies. L’une convainc par la démonstration, l’autre par la foi : le « je sais donc je crois » contre le « je crois donc je sais ». Et dans le fond, je pense que l’on ne sait pas grand-chose sur les mystères de la vie et de l’univers. L’intrigue policière y trouve donc aisément sa place !


Madeleine Fahra est un personnage complexe, à la fois forte et vulnérable. Qu’est-ce qui vous a guidé dans sa construction ?


SJ : Le malaimé et l’incompris ont des caractéristiques communes aux éléments clés du roman : le scientifique rejeté ; la ville bétonnée, le Havre ; et enfin, le personnage principal, Madeleine. Pour survivre malgré ses blessures, elle a dû se construire une armure.


L’histoire se déroule en partie au Havre. Pourquoi ce choix de ville, et quel lien avez-vous avec cet endroit ?


SJ : La ville du Havre, lors de sa naissance, au cours de son histoire, à présent et pour son avenir, est à jamais liée à la rencontre d’un fleuve, la Seine, et de la mer, la Manche. Elle accueille de nombreux bassins. L’eau est sa raison d’être. Et j’y suis née, j’y ai passé toute mon adolescence ! J’ai eu un rapport complexe à cette ville : je l’ai à la fois détestée et aimée. Mais nos relations sont aujourd’hui apaisées.



Partie 2 : l’envers de l’écriture



Quelle a été la scène la plus difficile à écrire… et celle que vous avez préférée ?


SJ : La plus difficile…, celle qui se déroule à la chapelle Notre-Dame des Flots à Sainte-Adresse. Non pour l’écriture, mais pour l’émotion. Elle me touche personnellement, entre les lignes …

Ma préférée : le dénouement de l’intrigue. Accoucher enfin de ce qui avait pris vie, puis mûrit tout au long du roman.


Avez-vous mené des recherches scientifiques ou ésotériques particulières pour nourrir votre intrigue ?


SJ : Oui ! Je me suis documentée sur les travaux du professeur Jacques Benveniste, mais pas seulement. J’ai suivi avec attention des cours de biochimie pour donner un corps vraisemblable aux scènes scientifiques. J’ai replongé dans les Pensées de Blaise Pascal, écrites au 17ème siècle, et dont certains passages sont intemporels.


Avez-vous une routine d’écriture bien à vous ?


SJ : Une fois l’inspiration venue et les points clés couchés sur le papier, je procède toujours de la même manière. Je visualise une scène dans mon esprit : avant de m’endormir, au réveil, à un moment de pause dans la journée. Lorsqu’elle est prête, je m’isole pour créer une bulle impénétrable. J’écris alors au kilomètre tout ce que je vois et ressens, comme un film que je regarderais, en une ou deux heures maximum. Puis, lorsque le premier jet du roman est achevé, vient le temps long de la réécriture aux moments disponibles.



Partie 3 : l’auteure et la lectrice


Quels sont les livres ou auteurs qui vous influencent ou vous inspirent aujourd’hui ?


SJ : Mon inspiration se nourrit de la vie quotidienne : je mémorise les détails de ce que j’observe et ressens. Que ce soit les lieux, l’actualité, l’air du temps, les interactions du vivant.

Les lectures m’apportent une richesse technique. J’ai un regard différent maintenant que j’écris. Je ne peux pas m’empêcher de noter la construction, le style employé, le vocabulaire. Mais je garde une distance pour être fidèle à ma manière d’écrire et à ce que je suis.

J’aime particulièrement l’univers de Gérard Coquet : à travers ses mots, l’Irlande vous prend aux tripes !


Quel genre de lectrice êtes-vous ? Polar addict, éclectique, ou inconditionnelle de la relecture ?


SJ : Eclectique sans aucun doute : je lis de tout ! J’ai une drôle de manie : je lis toujours plusieurs livres à la fois dans des genres différents. Selon mon humeur, ma disponibilité, je choisis de poursuivre la lecture de l’un ou de l’autre. Je viens de terminer Roches de sang d’Olivier Bal, mais j’ai la Divine Comédie de Dante, Uvaspina de Monica Acito et La torre segreta delle Aquile de Marcello Simoni en cours …


En savoir plus sur le roman : Memoria Aquae


Et si vous l'avez manquée, retrouvez l'interview bonus en vidéo ci-dessous



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